
Hanspeter Schmidt ·
Rechtsanwalt am OLG Karlsruhe und LG Freiburg
Fachanwalt
für Verwaltungsrecht ·
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Grüne
Gentechnik wird nicht versichert
Die
europäischen Versicherer werden Risiken der Gentechnik in der
Landwirtschaft nicht versichern. Daniel Schanté trug als
Sprecher des Europäischen Versicherungsverbandes (Comité
Européen des Assurances - CEA) diesen Standpunkt der
Versicherungswirtschaft vor einer Bürger-Konferenz der
EU-Kommission zum Thema „Risikowahrnehmung" am 04.12.2003 in
Brüssel vor. 600 Teilnehmern diskutierten am Beispiel der
Gentechnik in der Landwirtschaft wie Verbraucher, Landwirte und
Versicherungsunternehmen Risiken wahrnehmen.
Renate
Künast betonte in ihrem Redebeitrag, daß Risken immer dann
als besonders bedrohlich empfunden werden, wenn der Betroffene keine
Wahl habe. Dementsprechend sei die Koexistenzsicherung von besonderer
Bedeutung, denn ohne Koexistenz gebe es keine Wahlfreiheit.
Daniel
Schanté sagte, es sei keine "mutualization of risks" zwischen
dem Versicherer und dem Verwender der Gentechnik möglich, da die
Schäden nach Art und Ausmaß nicht einschätzbar seien.
Herr Schanté nannte dabei neben Gesundheitsschäden die
Schäden in Kulturen anderer Bauern, in deren Ernte
unerwünschte gentechnische Verädnerungen eintreten
können. Mit der Realisierung dieses Riskios sei zu rechnen, aber
das Ausmaß der Schäden sei nicht einschätzbar. Daher
könne man es nicht versichern.
Robert Coleman
antwortete für die EU-Kommission auf die Frage, ob die Kommission
denn erwarte, daß die Landwirte in den EU-Mitgliedstaaten sich
für den Anbau transgener Sorten entscheiden werden, wenn ihre
Agrar-Versicherer die Risiken der Gentechnik ausschließen. Er
sagte, daß es der Wille der EU-Kommission sei, daß
transgene Kulturen in der Europäischen Union zum Anbau gelangen.
Die Frage sei schwierig, aber es werde die Kommission die Entwicklung
beobachten und sehen, ob eintrete, was die Frage impliziere.
Gegebenenfalls müsse die EU-Kommission dann eine andere rechtliche
Entwicklung anstoßen.
Hier die Zusammenfassung der Präsentation von Herrn Schanté:
AGR
3044 (12/03)
Perception
des risques: science, débat public et élaboration de la
politique
Bruxelles
– 4/5 décembre 2003
La
perspective des assureurs par M. Daniel Schanté, Directeur
Général du CEA
Les assureurs
gèrent quotidiennement des dizaines de milliers de sinistres.
Ils ont un rôle primordial dans l’appréhension des risques
auxquels est soumise notre société et mènent une
réflexion en amont sur les origines des accidents, des maladies
et autres catastrophes ainsi que sur la manière de
réduire leurs effets néfastes.
Au-delà de
la composante financière, les enjeux de la maîtrise des
risques, et donc de leur perception, sont avant tout humains et
sociétaux.
Les accidents de la
circulation provoquent chaque année dans la future UE des 25,
plus de 50.000 décès et 75.000 invalidités
très graves. Or c’est bien le comportement des citoyens
européens, un comportement guidé par une perception du
risque qui minimise les dangers liés à l’utilisation de
véhicules à moteur. Certains chercheurs constatent une
tendance à l’optimisme subjectif des personnes quant à
leur santé.
La consommation de
tabac aurait tué 100 millions de personnes durant le
20ème siècle selon l’Organisation Mondiale de la
Santé. Chaque année, 1,2 million de nouveaux cas de
cancer du poumon sont décelés dont 80 % sont dus au tabac.
Certains
chercheurs constatent une tendance à l’optimisme subjectif des
personnes quant à leur santé. Cet optimisme ne favorise
pas les comportements qui réduisent les risques. Or ces risques
sont très nombreux et concernent, entre autres, l’amiante, le
virus HIV, les infections alimentaires, les catastrophes naturelles,
les catastrophes technologiques et industrielles, le nucléaire,
l’industrie chimique, le terrorisme, ainsi que les techniques
génétiques.
On constate en outre que
les risques à fréquence haute et régulière
et à montant gérable sont relativement bien
acceptés, même si le cumul des sinistres individuels en
font des phénomènes socialement inacceptables : maladies
connues, accidents domestiques ou de la circulation.
Au contraire,
lorsque les phénomènes ne sont pas maîtrisés
scientifiquement, non quantifiables, longs à se
développer dans le temps, l’inquiétude s’empare de tous
et les esprits s’emballent : le public, les gouvernements, les
médias, les organismes à but non lucratif, les
entreprises, y compris les assureurs, sont sous pression pour trouver
des remèdes à un problème qui ne peut être
ignoré.
Les assureurs participent à accroître la connaissance et
donc la transparence des phénomènes dans le but de mieux
les quantifier, condition nécessaire à
l’assurabilité. Toutes les parties ont un intérêt
à cette recherche pour laquelle du temps est nécessaire.
Sans elle, l’assurance ne pourra plus être la solution de dernier
recours comme elle l’était pour l’amiante.
Les techniques
génétiques en général, et les organismes
génétiquement modifiés (OGM) en particulier, ne
laissent pas indifférents. Ils font l’objet de vives
controverses qui tiennent pour beaucoup aux incertitudes
générées en matière de santé
publique et d’environnement. Le public est en effet de plus en plus
sensibilisé à la notion de risque surtout lorsque
celui-ci concerne sa santé. Par ailleurs, les avis scientifiques
très partagés sur les questions d’OGM ne font
qu’amplifier leur méfiance.
Les
assureurs ont évalué les risques auxquels ils pourraient
être exposés en analysant les conséquences des OGM
en matière de santé publique et d’environnement. Ces
risques mettent en jeu des garanties de responsabilité civile
qu’il s’agisse de responsabilité des produits ou de
responsabilité pour atteinte à l’environnement.
Toute la chaîne d’intervenants est concernée par les OGM :
du semencier au distributeur final en passant par l’exploitant agricole
et l’industrie agroalimentaire.
L’assureur se trouve très
embarrassé pour appliquer les mécanismes de l’assurance
fondés sur la mutualisation des risques. En l’absence
d’informations sur la fréquence et sur le coût des
sinistres, comment quantifier le risque ? C’est pourquoi les assureurs
mettent en avant la plupart du temps le principe de précaution
et excluent très généralement les OGM des
garanties de responsabilité civile.
La transparence
génère la confiance, objectif partagé par les
gouvernements, les organisations civiles et les entreprises. Les
assureurs soutiennent également cette approche. Le secteur de
l’assurance joue un rôle crucial par la protection
financière mais aussi par le biais de la recherche, de la
promotion et de la prévention. Ils travaillent à rendre
ces risques moins incertains et à améliorer leur
maîtrise. Leur engagement porte également sur le
développement de meilleurs moyens de connaissance de ces
nouveaux risques, ce qui permettra la mise en place de couvertures
spécifiques et adaptées.
16/12/2003
Hanspeter Schmidt
Brüssel
06.12.2003